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Mairie de Gauchy -

Gauchy, 800 ans d'Histoire...

Les illustrations sont tirées du livre "Gauchy, huit cent ans d'histoire" publié en mars 1998.
Editons du Paysage - Reims.



LA FRANCE était carolingienne et Lothaire était roi.

Aux marches du Hainaut, la Somme ouvre dans les sols limoneux de Picardie une trouée vivifiante où s'abreuvent prés et forêts à perte de vue. Sous le ciel mouillé du Vermandois, à deux pas au sud de Saint-Quentin, la terre est bonne et, le long du fleuve, un marais large et profond étend ses eaux poissonneuses où nichent à profusion les oiseaux de passage. La nature est ici généreuse. C'est donc ici que quelques paysans choisiront de vivre et de travailler, d'aimer et de mourir.
Combien sont-ils alors quand, en 962, Arnoul, comte des Flandres, fait donation à l'abbaye d'Homblières de ces quelques hectares de terres fraîches et fécondes ? Une poignée sans doute, quelques dizaines pas davantage si l'on en croit le patrimoine ainsi cédé par une charte qui demeure à ce jour la trace la plus ancienne de Gauchy. A nos yeux, un peu son acte de naissance. Le village offre ses bois, ses prés, un moulin et huit manses, disait-on durant le haut Moyen Âge, c'est à dire huit exploitations agricoles entourées de jardins et de champs.
Mais c'est à cette occasion surtout que la communauté livre pour la première fois un nom à l'histoire : Gaziacus ou Gasiacum, parce que le village s'étend sur la rive gauche de la Somme. En d'autres temps, dans d'autres textes, on le nomme encore Sinistrum, du latin sinister qui signifie « gauche ». Souvenir lointaine occupation gallo-romaine.
BIEN PLUS TARD, ainsi que le révèle un acte religieux de 1189, voici apparaître Gauci ou Gauchi.Nous y voilà presque... Le nom résistera au temps. Car cette année-là, le texte nous rappelle qu'un certain comte de Moy, donna la cure de Gauchi et toutes ses dépendances aux moines de l'abbaye d'Isle. Cinquante ans après, un autre document conte la mésaventure du chevalier Gui de Gauchy à qui le pape Innocent IV enjoignit de restituer l'argent extorqué à un certain Robert d'oignies.
Ainsi, de décennie en décennie, beaucoup d’autres hommes, longtemps demeurés dans le secret des actes ou des rôles, témoignent que la seigneurie de Gauchy rattachée à la baronnie d’Estrées, a définitivement adopté son nom de baptême. Jusqu'aux portes du XVIe siècle, seigneur ou écuyer, chanoine ou maître artisan, les «de Gauchy» se succèdent dans les rares écrits que nous laisse leur postérité. En 1698, le village ne compte encore que 112 habitants. Mais peu à peu, humbles ou notables, ils posent les fondations d'une identité et d'une cité en devenir.
C'est ainsi que, modestement, Gauchy a donné rendez-vous à son histoire.

BRICE ET LES ENFANTS
D'aussi loin que remonte la mémoire de Gauchy, elle se confond - comme souvent - avec son histoire religieuse, tant il est vrai que les hommes d’Eglise furent longtemps parmi les rares hommes de plume. A travers les âges, leurs écrits - actes de vente ou de foi - demeurent pour nous d'utiles repères où asseoir la biographie gasiaquoise. Dans plusieurs d'entre eux, on apprend ainsi que le petit village possédait aux XIV et XV siècles un monastère, depuis longtemps disparu et dont on ignore encore l'emplacement exact.
On sait, en revanche, qu'aux mêmes époques une chapelle avait été érigée près de l'endroit précis où s'élève aujourd'hui l'église Saint-Brice.
Drôle de bonhomme que ce saint homme-là ! Moine de Noirmoutier, chanoine, archidiacre puis évêque de Tours, où il succéda au fameux saint Martin, Brice est mort en 444. De son passage à Gauchy - bien avant que le village porte ce nom - une fâcheuse légende retient qu'il fut accusé d'entretenir une liaison coupable et d'avoir rendue enceinte une femme de sa maison.
La rumeur allait bon train quand l'enfant lui-même, à peine âgé de six mois, l'arrêta net. Doté déjà d'une parole claire et franche, il déclara n'être point le fruit des amours illicites de sa mère et du moine. On le crut et lui donna acte de sa belle assurance. Depuis lors, Brice, devenu par une curieuse inversion des circonstances le protecteur des enfants, est aussi le saint patron de Gauchy.
Et, longtemps après, les mères apportèrent en son église leurs chérubins en âge de marcher, malades ou chétifs, pour attirer sur eux la bienveillance du saint homme. Protection garantie à une seule condition : pour s'assurer que Brice les avait bien vus, il fallait gagner son attention en pinçant les bébés pour provoquer leurs pleurs. Car le successeur de Martin était réputé aussi pour être fort distrait et sans doute un peu dur d'oreille.
Drôle de bonhomme, vraiment !     
   
     

DES ANNEES NOIRES AU SIECLE NOUVEAU
Jusqu’aux lendemains de la Première Guerre mondiale, Gauchy fut un petit village comme tant d'autres. Les saisons paysannes s'y écoulaient paisiblement et la démographie locale resta longtemps celle d'une commune rurale de quelques centaines d'habitants. Ils étaient 112 en 1698, 300 un siècle plus tard, 375 en 1861, 517 en 1881. Seul le passage des invasions, des épidémies ou des guerres troubla cette quiétude maintes fois reconquise. Quand les armées espagnoles investirent Saint-Quentin en 1557, elles dévastèrent Gauchy mais le village relèvera la tête. Vingt ans avant la Révolution française, une épidémie s'abattit sur plusieurs communes du Saint-Quentinois, une cinquantaine de Gasiaquois tombèrent malades mais aucun n'y succomba.
Les conflits de 1870 et de 1914-1918 laissèrent, en revanche, beaucoup plus de traces dans la mémoire collective. Elle garde le souvenir des terribles combats qui se déroulèrent en janvier 1871 au Moulin de Tous-Vents, puis en 1917 alors que le lieu-dit est traversé par la ligne de défense Hindenburg. Par deux fois, Gauchy paya un lourd tribut à ces conflits meurtriers. Le village fut rasé pendant la Grande Guerre et ses archives furent détruites. Mais une énergie nouvelle, les nécessités de la reconstruction et du développement industriel donneront au village un extraordinaire coup de pouce dés les années vingt. Le véritable virage économique qui s'ensuivra propulsera Gauchy de plain-pied dans la modernité. Celle d'une ville en plein essor, confiante en elle-même et dans son identité nouvelle. Avec ses promesses et ses inconnues, le XXe siècle pouvait commencer.

L'HONNEUR A "TOUS-VENTS"
Son nom sonne comme une nouvelle d'Alphonse Daudet mais, dans l'histoire locale, la légende du Moulin de Tous-Vents emprunte davantage au fait d'armes qu'au conte. Lieu-dit excentré, il accueillait jusqu'à la guerre de 1870 un moulin aujourd'hui disparu.
Depuis plusieurs mois, les éclaireurs allemands tournoient autour de Saint-Quentin. On construit des barricades et, un matin d'octobre 1870, la Garde nationale repousse l'offensive de six cents soldats ennemis.
Deux mois plus tard, les Prussiens sont de retour, entrent dans Saint-Quentin, se livrent à quelques pillages et repartent. Pas pour longtemps. Au soir du 19 janvier 1871, les habitants de Gauchy voient leurs maisons occupées alors que depuis les premières heures du jour les combats font rage. A la tête des soldats français, en infériorité numérique, le général Faidherbe raconte que «les hauteurs avancées de Gauchy furent assaillies six fois par des troupes fraîches qui se renouvelaient sans cesse, et six fois nos soldats repoussèrent ces assauts».
L’illustre militaire se rend dès le matin du 19 janvier au Moulin de Tous-Vents, un observatoire idéalement situé d'où, non loin du moulin, il observe et dirige les opérations. La résistance française est «magnifique de bravoure», dit-on alors. Mais elle ne suffira pas et les troupes de Faidherbe doivent se replier.
Neuf jours plus tard, la France capitule après le siège de Paris. Le Moulin de Tous-Vents venait d'entrer dans l'histoire, et un anonyme de trouver dans cet épisode fameux l'inspiration de quelques couplets populaires qui font désormais partie du folklore saint-quentinois :
En regardant cette colline
Et ce vieux Moulin de Tous- Vents
Par respect, que chacun s'incline,
Touristes, chercheurs ou passants.
Une chanson pour se souvenir.

TEXTILE ARTIFICIEL : LE MIRACLE GASIAQUOIS
Quelques chiffres valent mieux qu’un long discours. En 1921, Gauchy comptait 574 habitants et 2 529 en 1926. Soit une croissance démographique de quelque 440 % en cinq ans. La plus forte de l'Aisne. Entre les deux dates, quel prodige s'est-il produit ? En réalité, mieux qu'un concours de circonstances, une sorte de miracle économique dont la commune a su et continue aujourd'hui de tirer un utile profit, même si les épreuves n'ont pas manqué.
Comme beaucoup de localités du Nord de la France et particulièrement de Picardie, Gauchy sort meurtrie du premier conflit mondial, pratiquement rasée, à l'image des villages environnants. Parmi eux, Fresnoy-le-Grand, au nord de Saint-Quentin, où s'était implantée avant-guerre la Compagnie Nouvelle des Applications de la Cellulose, spécialisée dans la fabrication de tissus moulés. Une production d'une extrême originalité dont les bombardements brisèrent l'essor. L’usine et le matériel de Fresnoy-le-Grand, totalement inutilisables, il fallut trouver en 1918 un nouveau site de fabrication. D'autant que la guerre n'était heureusement pas parvenue à affaiblir la demande internationale de soie et de tulle artificiels.
L’existence de terrains disponibles à Gauchy offrit une opportunité renforcée par la proximité du canal de Saint-Quentin et la possibilité (nous en reparlerons plus loin) d'un embranchement ferroviaire avec la ville centre.
EN 1923, la Viscose Française, qui s'appellera ensuite la TAG (Textiles Artificiels de Gauchy), ouvre ses portes. L’usine est alors spécialisée dans la fabrication de rayonne, cette étoffe tissée de fils artificiels réalisés à partir de pâte à bois mélangée à de la soude. Avec ces fils, on fabriquait, par exemple, les doublures de vêtements ou les bas.
D'emblée, la TAG attire en quantité les ouvriers du Saint-Quentinois et change à nouveau de nom en 1924 pour s'appeler désormais le Comptoir des Textiles Artificiels (la CTA). Cette appellation fameuse lui restera jusqu'en 1971, date du rachat de l'entreprise par Rhône-Poulenc.
Entre-temps, l'usine connaît un essor considérable et le cœur de Gauchy ne cessera de battre au rythme de son développement et, parfois, de ses convulsions. Au début des années trente, l'entreprise compte près de1 000 salariés et en 1933-1934 quelque 1 340. Un chiffre record qui ne sera jamais dépassé.
C'est qu'elle est devenue l'une des unités industrielles les plus performantes dans sa spécialité, et sa réputation dépasse largement les frontières nationales. A la main-d'oeuvre locale s'ajoute en effet à cette époque une première vague d'immigration polonaise, suivie dans les années cinquante puis soixante par l'arrivée de travailleurs marocains et algériens.

 
LE TEMPS DES REMISES EN CAUSE
Toujours spécialisée dans la fabrication de rayonne, la CTA a ajouté une nouvelle corde à son arc : la fibranne, une fibre textile artificielle réalisée à partir de cellulose.
Cependant, la compétitivité de l'usine et de ses fabrications, jusque-là son atout principal, se heurte dans les années soixante à la concurrence internationale, venue notamment des lointains pays asiatiques. Pour mieux y résister, la CTA tente de se diversifier en lançant par exemple, en 1965, un atelier pilote de fil métallique qui s'installera à Grugies, à quelques kilomètres de là, puis à Tronville-en-Barrois, dans la Meuse.
Mais à contexte nouveau, contraintes et dispositions nouvelles. En 1971, le «gros-bras» du textile chimique français et international rachète l'entreprise. La CTA devient Rhône-Poulenc-Textile (RPT), mais la crise des années soixante-dix qui frappe de plein fouet l'économie nationale et mondiale n'épargnera pas l'emblématique entreprise gasiaquoise.
Dès 1972, les effectifs de RPT diminuent comme peau de chagrin. De 1110 cette année-là à 976 deux ans plus tard, 572 en 1977, 304 en 1979 ! Que les opulentes années trente semblent loin ! D'autant que ces chiffres incluent les salariés de la société industrielle de Moy rachetée par Rhône-Poulenc-Textile en 1971 et revendue en 1979.
Avec ses effectifs, l'entreprise a également abandonné peu à peu ses fabrications traditionnelles : la rayonne en 1974, la fibranne en 1976. Modernisation oblige, elle les a remplacées dès 1972 par une production qui s'apprête à révolutionner le monde du textile industriel : la fibre synthétique polyester. La compétitivité de RPT en dépend et un gros effort de formation des employés autrefois affectés à la fabrication de la fibranne et de la fibre polynosique y est alors consacré.
Cependant, dans un département que n'épargnent ni le chômage ni les dépôts de bilan, cette reconversion difficile affecte durement les personnels, qui le font savoir. Comme elle se souvient de ses temps héroïques, Gauchy n'a pas oublié non plus ses résistances les plus farouches. En 1968, l'usine, à l'unisson de toute la société française, ferme ses portes pendant un mois.
Mais c'est huit ans plus tard que culminera le mécontentement ouvrier avec l'annonce d'une nouvelle suppression de 300 emplois à RPT. La réaction syndicale est vive. Un membre de la direction générale est retenu pendant une journée, les grèves se succèdent et, en juin, les salariés bloquent le passage de la course cycliste Paris-Roubaix, quelques semaines avant celui du Tour de France.
Le célèbre commentateur sportif Robert Chapatte n'échappe pas à l'actualité sociale et consacre, dans le compte rendu télévisé du Tour, quinze petites secondes à la colère des ouvriers gasiaquois. Ceux-là ne sont, du reste, pas les seuls Français à ruer dans les brancards. En 1976, le parcours de la Grande Boucle sera perturbé à trois reprises. A Gauchy, on se souvient que, cette année-là, le petit grimpeur belge Lucien van Impe, vainqueur de l'épreuve, ne fut pas le seul à monter en première ligne.
Hélas ! les années difficiles ne s'arrêteront pas là, même si la destruction en 1980 de l'honorable cheminée industrielle de 72 mètres qui dominait l'entreprise laisse symboliquement à penser que le fleuron économique de Gauchy est entré dans une ère nouvelle. C'est aussi ce que semble présager en 1982 la nationalisation de Rhône-Poulenc. Mais les départs volontaires et les licenciements économiques se poursuivent. Lorsque, en 1984, RPT devient Rhône-Poulenc-Fibres, l'effectif est tombé à 227 salariés. «Mais l'entreprise est encore debout», se réjouissent les plus optimistes.

UNE ERE NOUVELLE
De fait, la fabrication de polyester lancée depuis quelques années permet à Rhône-Poulenc-Fibres de connaître un nouveau souffle en dépit des soubresauts que l'usine a traversés et du régime draconien auquel elle a dû soumettre ses personnels. Avec un effectif de plus en plus réduit, l'entreprise poursuit son renouveau et la production de polyester se développe.
Quand elle change à nouveau de nom en 1995 pour s'appeler Tergal Fibres, toujours intégrée au groupe Rhône-Poulenc reprivatisé en 1993, l'usine aborde incontestablement une étape capitale de son existence tourmentée. Dans le travail du polyester, elle possède un savoir-faire qui en fait l'une des unités les plus performantes d'Europe.
Procédé textile complexe et ingénieux, la polymérisation polyester, mise au point dès 1972, fait désormais de l'usine une véritable entreprise chimique d'où sortent, en 1995, 40 000 tonnes de fibres polyester. Une fibre miracle utilisée aussi bien dans la composition des garnissages automobiles, des plages arrière ou des toits de voiture, que dans la fabrication de costumes, de couches-culottes, de sous-vêtements, decouettes synthétiques ou de feuilles de papier ! Entre autres...
En 1985 et en 1995 enfin, l'entreprise lance un procédé de matériaux polymères avec lesquels sont fabriqués les films (photo, vidéo ou audio ), les emballages industriels et, plus étonnant encore, les bouteilles compactables d'eau minérale ! Chaque année, Tergal Fibres produit 75 000 tonnes de ces polymères, qu'elle exporte partout dans le monde. Une productivité particulièrement élevée. Soixante-dix ans après la création du Comptoir des Textiles Artificiels, le porte-drapeau du savoir-faire gasiaquois a bien changé. Il emploie aujourd'hui 205 personnes, dont une vingtaine de femmes, et continue de s'interroger sur son avenir. Mais il a dores et déjà écrit les plus belles pages industrielles de la commune.

UN TRAIN POUR GRANDIR
Si l'essor économique de Gauchy est indissolublement lié à son usine textile, il doit également beaucoup à l'arrivée au milieu du XIXe siècle du chemin de fer qui, plusieurs décennies plus tard, permettra de désenclaver la commune et d'ouvrir le Comptoir des Textiles Artificiels aux marchés extérieurs, régionaux et internationaux.
Et pourtant, ce ne fut pas une mince affaire ! Car, à l'origine, les promoteurs du chemin de fer avaient d'abord songé à faire passer le long du tracé naturel de la vallée de l'Oise la liaison ferroviaire destinée à rapprocher Paris de la Belgique et de l'Allemagne. Or, le projet envisageait aussi de suivre le cours du canal de Saint-Quentin. Un mauvais coup porté aux tenants de la navigation fluviale, à cette époque le plus rapide et le plus rentable des moyens de transport industriel.
Le projet sera donc officiellement abandonné en 1812 et la ligne passera finalement par Amiens. Pendant de longues années, Gauchy et surtout Saint-Quentin, alors en pleine expansion, feront économiquement les frais de ce tracé qui les isolait.
Les deux communes devront attendre près de quarante ans avant d'être connectées au réseau ferroviaire, par le biais d'une liaison Creil - Saint-Quentin qui se prolongera ensuite vers la Belgique.
La nouvelle ligne est inaugurée le 9 juin 1850 par Louis Napoléon Bonaparte. Mais ce n'est qu'après la Première Guerre mondiale, alors que les communes du sud de Saint-Quentin et en premier lieu Gauchy se reconstruisent peu à peu, qu'elle prend tout son poids économique en dotant la CTA d'une utile porte de sortie industrielle vers les grandes cités du Nord et du Sud.

DES CITES POUR VIVRE PRES DE SON TRAVAIL
Grâce au passage du chemin de fer, Gauchy s'enrichit aussi dès 1922 des premières habitations d'un patrimoine immobilier nouveau qui fera date : la Cité des cheminots, l'ancêtre des cités ouvrières de la commune. A l'origine, quelques maisons en bois construites à proximité de la gare ; et, plus tard, un ensemble de nouvelles maisons, non plus en bois mais en briques rouges. Comme celles qui verront le jour à la fin des années soixante lors de l'extension de la cité rue Jean-Moulin, rue Pierre-Semard ou rue Georges Guynemer, ces maisons existent encore aujourd'hui. Comme existent encore, à l'emplacement de la Régie des Transports de l'Aisne (RTA), les traces de l'important centre des Chemins de Fer du Nord-Est où convergeaient trois lignes du réseau secondaire du Saint-Quentinois.
Si Gauchy connaît après la Première Guerre un développement économique sans précédent, elle vit aussi au rythme de son usine et du paternalisme d'entreprise qui, à cette époque, s'exerce dans toutes les cités ouvrières du Nord de la France. Comme les employés de la CTA, les cheminots bénéficient dans les années vingt d'un environnement social qui s'attache à rompre avec les conditions de vie déplorables des ouvriers à la fin du XIXe siècle, à compenser les affres d'un travail éprouvant et, à coup sûr, à tempérer les ardeurs revendicatives des employés les moins dociles.
Si l'on peut dire : à toute chose, labeur est bon. La Cité des cheminots s'accompagne donc dès 1922 de la construction d'un dispensaire, d'un centre de loisirs et de nombreuses aires destinées à la pratique sportive.
Pendant ce temps, la population de Gauchy n'a évidemment pas cessé de croître. Au début des années trente, les Gasiaquois sont environ 3000. Parmi eux, une génération nouvelle d'enfants qu'il faut aussi accueillir pendant que les parents travaillent. En 1948, la SNCF reprend donc un projet qu'elle avait abandonné pendant la Seconde Guerre mondiale : elle cède à la commune 75 ares de terrain, destiné à l'édification d'un nouveau groupe scolaire.
De longues tractations financières seront cependant nécessaires avec les élus gasiaquois et ce projet verra finalement le jour en 1954. Le groupe scolaire Pierre Semard, du nom du secrétaire général des cheminots CGT fusillé par les Allemands en 1942, restera l'un des plus durables et des plus remarquables prolongements sociaux de la Cité des cheminots.
Les dirigeants du Comptoir des textiles Artificiels ne sont pas en reste et dotent leur entreprise d'une cité-jardin édifiée, en 1922, entre le marais et la route de Grugies à Saint-Quentin. Elle est destinée à loger 250 familles dans des habitations à étages, en briques rouges comme le veut la tradition architecturale du Nord. Doté d'un confort domestique à l'époque très en avance sur son temps - les maisons ne disposent-elles pas de toilettes, d'eau courante et du tout à l'égout ? -, cet ensemble immobilier est aussi une réplique de l'organisation hiérarchique de l'entreprise. Ceux qu'on appelle aujourd'hui les cadres de maîtrise sont logés dans des appartements situés rue Deloubrière et les ouvriers résident principalement dans la partie basse de la cité.
Bien entendu, les loyers pratiqués défient toute concurrence et, pour avoir le droit de résider dans la cité, deux conditions s'imposent : travailler à la CTA et être marié. Raison pour laquelle les ingénieurs célibataires disposent de leur propre immeuble, situé à l'écart.
Les travailleurs immigrés avaient eux aussi accès à ces logements, et ils y ajoutèrent parfois quelques particularismes culturels. Ainsi, quand elle arrive en 1923, la Communauté polonaise ouvre-t-elle sa propre boucherie et installe-t-elle une église dans une ancienne baraque. Plus de trente ans plus tard, les travailleurs marocains et algériens issus d'une seconde vague d'immigration, et souvent employés dans des métiers ingrats, habitaient Gauchy ou Oestres dans des immeubles dont l'entreprise avait fait l'acquisition à cet effet.
La cité ainsi construite ne connaîtra que peu de changements, excepté la construction après la Seconde Guerre mondiale d'habitations à loyers modérés, rue Camille-Desmoulins.
Sur les 300 logements que possédait la CTA dans les années vingt, seule une centaine est encore propriété de Rhône-Poulenc. Souvent occupées par des personnes âgées, ces maisons sont aujourd'hui louées à prix modique et parfois vendues à d'anciens salariés de l'entreprise. Comme c'est le cas à la Cité des cheminots, celle du Comptoir des Textiles Artificiels met à la disposition des employés de l'entreprise des équipements sociaux et éducatifs dans les abords immédiats de l'usine. Par la suite, beaucoup ont voulu y voir le signe d'un louable progressisme social. Or, il n'en est rien. S'ils pallient le manque d'équipements publics, ces «avantages» ont surtout pour objectif de maintenir la population ouvrière dans un état de dépendance qui la fixe géographiquement dans les lieux et la dissuade de toute velléité revendicatrice.
Les conditions de travail restent en effet rudes et épuisantes, même si ces équipements font peut-être à l'époque quelques envieux : une pouponnière pour les enfants, une école maternelle, une salle des fêtes, deux piscines dans l'enceinte même de l'usine - l'une pour l'été, l'autre pour l'hiver -, et, à l'arrière de la CTA, deux... stades de football dont l'un sera rasé en 1970 pour laisser place à la nouvelle unité polyester.
Les avantages sociaux des ouvriers de l'entreprise ne s'arrêtent pas là. En 1936, l'événement considérable que constitue l'arrivée des congés payés est l'occasion pour beaucoup d'employés de découvrir pour la première fois des horizons nouveaux. L’entreprise organise des colonies de vacances pour les enfants et leurs familles. Deux ou trois fois par an, plusieurs cars escortés de motards quittent Gauchy pour la Bretagne ou le Sud. Des expéditions mémorables et spectaculaires en vérité, dont beaucoup d'anciens gardent un souvenir ému et nostalgique.

 
UNE VILLE A NAITRE
En 1954, Gauchy compte 3 112 habitants. A peine une quarantaine de plus que dans les années trente. C'est qu'entre-temps la Seconde Guerre mondiale est passée par là. Mais son histoire l'y a habituée, la commune ne tardera pas à redresser la tête.
En dépit de la crise naissante du textile et bénéficiant d'un contexte économique favorable qu'illustre l'arrivée d'industries nouvelles, Gauchy entreprend après la guerre de lancer plusieurs programmes de lotissements neufs. Il s'agit non seulement de loger une population croissante, mais aussi de donner à la localité une identité urbaine cohérente et forte. C'est le grand tournant des années cinquante.
Du village des origines, puis du gros bourg des premières années du siècle, Gauchy garde, en effet, une configuration éclatée faite de deux entités humaines et géographiques distinctes. Au nord-est, le quartier de la gare et la Cité des cheminots ; au sud-ouest, celui de la CTA et les lotissements ouvriers. Entre les deux, quelques kilomètres que traverse le hameau de La Biette, appelé autrefois hameau de L’Abiette(ou «petite abbaye») et, bien avant encore, La Vieux-Ville, une ancienne dépendance de Gauchy située entre le chemin de fer et les marais de la Somme.
Pour combler ce vide, et en quelque sorte réconcilier ou réunir les deux Gauchy, la commune engage la construction de deux cités d'habitation. En 1957, la cité du Bois-l'Abbé sort de terre et avec elle 23 maisons à étages. Un an plus tard, la cité Gabriel-Péri propose à son tour 139 pavillons.
Site panoramique idéal, le fameux quartier du Moulin-de-Tous-Vents n'échappe pas à l'extension programmée de la ville. En 1970 débute ici l'édification de ses nouveaux logements. C'est le plan Chalandon. Ces habitations sont destinées à accueillir, en particulier, la population employée dans une nouvelle entreprise, la Soprocos, dont nous évoquerons plus loin le bel essor.
Le succès de cette nouvelle implantation immobilière est tel que ce sont finalement 615 logements qui ont été réalisés sur ce haut lieu de l'histoire locale.
C'est également à cette époque et non loin de la zone industrielle Gérard-Philipe que se construit le collège Paul-Eluard, afin d'accueillir en 1969 l'importante population adolescente de la ville. D'autres programmes immobiliers suivront dans les quartiers Saint-Just et Auguste-Delaune.
En 1996 enfin, la ZAC La Biette accueille 56 appartements et s'enrichit d'un programme locatif derrière le nouvel hôtel de ville. Après bien d'autres, un quartier neuf de 580 logements, dont 400 déjà réalisés, est ici en train de naître, mêlant logements en accession à la propriété et habitat social.
C'est que, en trente ans, Gauchy et ses entreprises, anciennes ou nouvelles, n'ont pas cessé d'attirer à elles un nombre grandissant de candidats à l'emploi. En 1968, les Gasiaquois sont 4 218, ils seront 5 623 en 1980.
C'est dire que le modeste village du début du siècle n'est plus qu'un lointain et nostalgique souvenir. Il faut désormais à l'ancien bourg transformer l'essai économique et confirmer qu'il est prêt à devenir une ville moderne, capable de relever les défis industriels, et se doter d'équipements sportifs, culturels et sociaux dignes de son nouveau rang. Les années quatre-vingt et quatre-vingt-dix prouveront que Gauchy s'est donné les moyens d'atteindre ces objectifs.

EN ROUTE POUR LE RENOUVEAU
Dès le début des années soixante-dix, les élus gasiaquois savent que l'avenir de leur commune ne pourra être durablement assuré que si elle pérennise sa tradition industrielle et s'ouvre aux entreprises nouvelles. En pleine crise économique, le pari est audacieux. On constate aujourd'hui qu'il fut aussi visionnaire.
En vingt ans, les entreprises locales ont, en effet, créé ou maintenu pas moins de 2 000 emplois sur une population active de 2 700 personnes en 1997. Dans un environnement qui reste durement affecté par les difficultés du marché du travail, Gauchy fait figure d'heureuse exception économique. Mais la réussite gasiaquoise n'est évidemment pas le fruit du hasard.
Quand les élus locaux, dont le maire actuel, Serge Monfourny, tablent en 1974 sur une intensification du tissu industriel, ils se lancent d'abord dans l'aménagement de zones industrielles susceptibles d'accueillir les entreprises qui voudront s'installer.
Ainsi naissent successivement, dans les premières années quatre-vingt, la zone d'aménagement concerté de La Biette, dans un quartier appelé à un développement démographique important, et surtout les zones industrielles Gérard-Philipe et, la plus vaste d'entre elles, la Zl Gauchy-le-Royeux, sur 93 hectares. Historiquement, cette zone-là jouit dès l'origine d'un contexte très favorable. Elle prend place dans le cadre d'un nouveau plan d'occupation des sols et s'installe à deux pas de ce qui deviendra, quelques années plus tard, l'autoroute A 26.
C'est de ce contexte prometteur que l'entreprise Soprocos bénéficie largement pour programmer une extension qui en fait aujourd'hui le premier employeur de la commune avec 400 salariés et le second du Saint-Quentinois, après MBK. Succédant en 1965 à l'entreprise Bull, la société de produits cosmétiques façonne, après celle du textile artificiel, la seconde image de marque de Gauchy : celle des parfums et des produits de luxe.
En 1997, Soprocos fabrique pas moins de dix mille produits différents : 100 millions d'aérosols par an, 60 millions de shampoings, 9 millions de sticks déodorants, 8 millions de lotions alcoolisées. Les plus grandes marques françaises et internationales sont ses clientes, parmi lesquelles Jacques Dessange, Narta, Ushuaïa, Mennen, EInett, Grafic de Garnier, et bien d'autres. Avec Soprocos, le surnom de Gauchy, dite «la Coquette» en raison du fleurissement qui en faisait au début du siècle une cité accueillante et enviée, retrouve tout son sens.
D'autres entreprises de parfum suivront son exemple, et non des moindres. En 1986, Fapagau (comme FAbrication de PArfums à GAUchy), intégrée au groupe L’Oréal, s'installe à son tour sur l'ancien site de Rhône-Poulenc.
Qui oserait imaginer qu'ici, au cœur de la Picardie industrielle et agricole, Fapagau travaille pour les plus grands noms de la parfumerie française ? Sur ses chaînes de fabrication, on retrouve Guy Laroche avec deux lignes réputées : Fidji et Drakkar Noir ; Cacharel et les grands succès que sont Anaïs-Anaïs, Cacharel pour l'Homme, Loulou, Eden ; Giorgio Armani avec Gio et Armani Homme ; Paloma Picasso et la ligne pour femme portant son nom, ainsi que Minotaure, Lanvin et Arpège.
Qui oserait penser encore que plus de 80 % de cette production s'exporterait vers le monde entier pour faire de la cité gasiaquoise l'un des centres de la parfumerie internationale ?
Avec ses 300 employés, Fapagau participe au développement économique de la ville que contribuera d'année en année à conforter l'arrivée de dizaines de sociétés nouvelles sur les zones industrielles locales. Difficile de toutes les nommer évidemment, d'autant que chaque année apporte son lot de nouveaux arrivants. Sur la grande zone industrielle du Royeux et sur la zone communale toute proche, citons, entre autres, les Transports de l'Ouest Européen (TOE), les Liants Routiers du Nord-Est - autrefois Screg-Est -, OxyPicardie, la CMS (Construction Métallique de Savy-Chaudronnerie) et la CMI (Construction Métallique Industrielle), la chaîne Nuit d'Hôtel, Metro, Restaumarché, Gaz de France, lveco et, en 1997, le magasin Bricomarché, RVI (Renault Véhicules Industriels), la boulangerie industrielle hollandaise Quality Bakers, récemment, enfin, Citra.
Bref, en vingt ans, Gauchy est parvenue à créer un véritable gisement d'emplois, au point que 80 % des recettes fiscales de la commune proviennent au milieu des années quatre-vingt-dix de la taxe professionnelle versée par ses entreprises.
Mais il faut se rappeler que le visage de Gauchy d'aujourd'hui a été «dessiné» dès 1975 et a pu être aussi lentement façonné grâce à la longue stabilité des hommes et des projets.
A l'image laborieuse de l'ancienne Gauchy a donc succédé celle d'une ville prospère dont le dynamisme s'illustre aussi dans quelques réalisations architecturales et communales remarquables.

DEUX SYMBOLES D'AVENIR
A la fin des années quatre-vingt, Gauchy est devenue une ville nouvelle où il fait bon vivre. C'est dans ce cadre qu'il faut d'abord considérer l'édification, en 1987, de la Maison de la culture et des loisirs, non loin du quartier de La Biette, alors en plein essor.
Aujourd'hui, la MCL est beaucoup plus qu'un équipement socioculturel de quartier, dont la commune ne manque d'ailleurs pas avec la Maison des associations ou le Centre social du Moulin-de-Tous-Vents. La vocation de la toute nouvelle maison de la culture est d'être le point de ralliement de l'art vivant. Une salle de spectacles active et audacieuse dont la programmation fait bien des envieux dans tout le département de l'Aisne et au-delà.
C'est ici que convergent chaque semaine les amateurs de musique, de théâtre ou d'expositions. Un haut lieu de la culture gasiaquoise et, à vrai dire, picarde.
Mais, d'année en année, d'autres réalisations illustrent la volonté municipale de construire pour les habitants, jeunes et moins jeunes, une ville où règne une grande douceur de vivre. Parfois, il s'agit aussi de remplacer les équipements et les services autrefois proposés par la CTA ou la SNCF, et peu à peu abandonnés.
Ainsi Gauchy se dote-t-elle tour à tour d'une salle de réunion associative, la salle Marchand, d'un foyer-restaurant pour personnes âgées, d'une cantine pour enfants et d'un centre aéré utile pendant les vacances de Pâques et d'été. Deux réalisations sont particulièrement remarquables : d'une part, le Casoc (Centre d'animation socioculturel) qui renaît, rue Voltaire, d'autre part, le Syndicat intercommunal de services et de soins à domicile pour le troisième âge. Unique en son genre dans l'Aisne, le Sissad est né en 1974 et regroupe 33 communes autour de Gauchy. Et, au total, 44 communes bénéficient du service de soins à domicile du syndicat.
Ultime réalisation de taille, et pour cause, le nouvel hôtel de ville. A deux pas de la MCL, les élus locaux l'ont inauguré en 1992, en remplacement de l'honorable mairie qui, rue Langevin, était devenue par trop exiguë, au point qu'il fallait parfois se livrer dans l'urgence à quelque déménagement de bureau pour accueillir les nouveaux mariés !
Transformée en école de musique, l'ancienne maison communale s'est effacée au profit d'une superbe bâtisse dont la silhouette, quasiment au cœur géographique de la commune, évoque la proue avancée d'un navire. L’hôtel de ville, réalisé par les architectes Dubosc et Landowski, n'a pas seulement valu à Gauchy de décrocher en 1992 l'illustre trophée «L'Empreinte» décerné aux quatre plus belles réalisations architecturales françaises ; il s'inscrit également dans le paysage local comme un symbole éclatant de l'esprit d'innovation et de conquête qui caractérise la commune depuis les années soixante-dix. Un esprit que l'on retrouve dans le dynamisme associatif et sportif des Gasiaquois.

DES FETES ET DES EXPLOITS
Auréolée d'une réussite économique que beaucoup lui envient, Gauchy n'a pas oublié ses racines populaires. Avec le temps, elle en a même fait son atout principal, tant il est vrai que c'est dans l'adversité que se forge l'esprit de solidarité. Pas étonnant dans ces conditions que la commune accueille désormais quantité d'associations. Leurs initiatives concourent à animer la ville, comme ce fut le cas en mai 1996 à l'occasion de la «semaine allemande» avec Berga, la ville jumelle de Gauchy, et comme c'est le cas à la fin du printemps lors du carnaval.
Mais les anciens se souviennent sans doute avec émotion du café Prince (aujourd'hui Le Derby) qui constituait avant-guerre le point de ralliement favori des danseurs, des joueurs de belote et des jeunes filles à marier. Chaque dimanche, un bal populaire rassemblait ici la jeunesse du bourg et les festivités se prolongeaient jusqu'à la nuit.
Ils se souviennent aussi de L’Estudiantine, cette société musicale née dans les années soixante et qui assurait tout au long de l'année l'ambiance musicale des fêtes et des kermesses de quartier, des soirées de gala comme des humbles réunions de familles, au rythme des mélodies composées par l'un de ses fondateurs, Henri Barbotteau. La disparition de la société musicale n'a pas pour autant sonné le glas de la musique à Gauchy, qui abrite aujourd'hui une école de musique installée dans l'ancienne mairie.
Mais le monde associatif, ce sont aussi les multiples clubs sportifs qui font de la localité l'une des plus performantes de Picardie. Quelques chiffres valent mieux qu'un long discours. On estimait en 1997 qu'un Gasiaquois sur quatre pratiquait une discipline sportive. Sur 6 000 habitants, 1 700 étaient licenciés dans un club. La ville comptait 19 équipes de basket (dont deux en divisions nationales) , 11 équipes de football, 2 clubs cyclistes. Entre autres...
Dans ces conditions, que pensez-vous qu'il arriva ? Des champions, pardi ! Et non des moindres. Le 7 juillet 1991, à Colorado Springs aux Etats-Unis, le jeune cycliste Laurent Accart, licencié de l'US Biette de Gauchy devient champion du monde junior du kilomètre arrêté. Ce sera le plus beau fleuron sportif de la ville, qui en compte pourtant bien d'autres.
En avril 1991, à Saint-Jean-de-Luz, Hugues Carlier est sacré vice-champion de France junior de sambo - un art martial entre le judo et la lutte - et devient le plus jeune arbitre international de la discipline. Le même sera également champion de France espoir et s'offrira le luxe de participer aux Championnats du monde. C'est, du reste, grâce en partie à ses performances que sa ville natale accueillera, en mai 1996, le Championnat d'Europe de sambo.
Mais c'est du côté de l'athlétisme et de l'Association sportive et gymnique de Gauchy (ASGG, créée dans les années soixante) qu'il faut chercher les plus beaux et les plus nombreux lauriers. Ainsi, en 1997, cinq équipes du club sont classées en divisions nationales ; l'équipe cadette devient championne de France Ufolep : la jeune Sandrine Champion (la bien nommée) décroche trois titres individuels de championne de France : le club remporte quatre titres de champions de France individuels en Ufolep... Les podiums ne se comptent plus.
Le club a deux grands atouts : un esprit d'équipe à toute épreuve et des conditions d'entraînement idéales au stade Barran, où la ville a financé la construction d'une piste d'athlétisme de six couloirs.
Les footballeurs ne sont pas en reste. Trois années durant, en 1983, 1984 et 1985, les jeunes footballeurs de l'US Gauchy-Grugies-Biette sont sacrés meilleure équipe de jeunes de Picardie. En 1996, le club a également remporté la Coupe de l'Aisne et, la même année, l'équipe de basket minime de l'ASGG devient championne de France face à la prestigieuse équipe de Limoges.
Mais si, jeunes ou moins jeunes, les sportifs gasiaquois semblent abonnés à l'exploit, ils le doivent en grande partie aux installations sportives de la ville, l'une des mieux équipées de l'Aisne. En témoignent ses cours de tennis couverts et de plein air, ses deux gymnases, ses plaines de jeux, son stade Robert-Barran ou encore la superbe piscine où se déroulent régulièrement des compétitions internationales de natation et de plongée sous-marine.

COQUETTERIE
Avant la Première Guerre mondiale, Gauchy était surnommée «la Coquette». A la bonne saison, on y pêchait dans le Fossé des Allemagnes et les sites verdoyants alentour procuraient aux promeneurs autant de havres de paix et de détente.
Même si elle a paru longtemps sacrifier son apparence à sa bonne santé économique (qui le lui reprochera ?), la ville recouvre peu à peu son image avenante et son doux surnom semble moins que jamais usurpé.
Première cité fleurie de l'Aisne en 1991 dans sa catégorie, première ville fleurie de Picardie en 1997, Gauchy poursuit une entreprise d'embellissement qui passe, notamment, par la réfection de son réseau routier, et surtout, par l'aménagement, derrière le nouvel hôtel de ville, d'un mail ou, si l'on préfère, d'un parc d'agrément ouvert au farniente familial et à la sérénité. Mais la promenade bucolique peut aussi devenir le lieu d'une balade pédagogique ou écologique.
Pergolas, tilleuls, massifs fleuris, jets d'eau : depuis 1994, des architectes paysagers sont à l' oeuvre. L’objectif est de poursuivre le raccordement de l'ancien village au quartier du Moulin-de-Tous-Vents et d'aménager autour de la nouvelle maison commune une aire de circulation piétonne, arborée et fleurie. En bref, de créer au centre même du territoire de Gauchy une zone verte et paisible, encadrée d'habitations et d'équipements administratifs. Un nouveau cœur, conforme à la vocation de Gauchy qui veut harmonieusement conjuguer vie urbaine et douceur de vivre. Un défi à la mesure d'une histoire qui n'en finit décidément pas de se régénér

LES MAIRES DE GAUCHY DEPUIS 1790

M Louis BLANCHART, de 1790 à 1795 - M Louis Clovis CHOLET, de 1800 à 1815 - M Arthur Alexandre Désiré  LEGRAND, de 1815 à 1831 - M Jean Baptiste Laurent BlLANCHART, de 1832 à 1842 - M Adolphe Alexandre BLANCHART, de 1842 à 1856 - M Pierre Louis Joseph MONT, de 1857 à 1871 - M Adolphe Victor BLANCHART, de 1871 à 1876 - M Charles François Romain MARECAT, de 1876 à 1890 - M Jules Hippolyte OZENFANT, de 1890 à 1900 - M Louis César FOUQUET, de 1900 à 1904 - M François BOURG, de 1904 à 1908 - M Adolphe Fernand DOUCHET, de 1908 à 1912 - M Georges Théodule POINT, de 1912 à 1925 - M Henri Léon Jean RIGOLLOT, de 1925 à 1941 - M Paul Hippolyte VINCENT, de 1942 à 1945 - M Maurice PREUX, de 1945 à 1959 - M Georges Edouard HERBIN, de 1959 à 1964 - M Julien CARREL, 1964 à 1972 - M Serge MONFOURNY, 1972 à 2008 - Mme Josette Henry, 2008 à 2014 - M Jean-Marc WEBER depuis mars 2014.